TRANS...

 

 

 

 

 

 

 

Spectacle pluridisciplinaire - Création
Julien Mabiala Bissila, DeLaVallet Bidiefono, Stéphane Bensimon, Collectif Zavtra

 

TEXTE ET MISE EN SCENE :

Julien Mabiala Bissila

 

AVEC :

Stéphane Bensimon

Destin Bidiefono

Sébastien Bidon

Clément Delpérié

Élisa Delorme

Guillaume Delalandre

Timothée François

Drevy Foundou

Jean-Baptiste Tur

Cognes Mayoukou

Nolwenn Peterschmitt

CRÉATION MUSICALE : 

Sébastien Bidon et Stéphane Bensimon

 

CHORÉGRAPHIE : 

Delavallet Bidiefono

 

TRANS... c’est un carnet de voyages dans un même lieu, un long cheminement de paroles, de sons, de mouvements corporels et de musiques.

C’est une grande traversée avec plusieurs escales qui renvoient à des histoires tantôt drôles, tantôt acides, qui tentent de se croiser sans pourtant avoir un lien spécifique et où il est question d’amour, de rêves déçus, de politique, de religion et de bien d’autres choses encore.

TRANS... est un arbre à palabre moderne.

Un bar, un maquis, une messe, un rituel, pour réveiller, ligoter, libérer toutes ces énergies du mal qui rongent notre image d'hommes et de femmes contemporaines.

Un lieu pour interroger nos histoires, nos responsabilités, nos actes.

Oui cela a bien existé !

La traite négrière, la traite transatlantique, la colonisation puis la décolonisation, la Françafrique…

Non, nous, aujourd’hui, nous ne porterons pas les crimes que nous n'avons jamais commis.

Cette transe vient exhumer le silence qui pèse sur nos générations qui n'ont rien à avoir avec ces crimes.

Et maintenant ?

Que fait-on de ce bilan ?

On passe notre route en silence ?

" Basée sur l’énergie de la transe, s’inscrivant dans un mouvement perpétuel, TRANS… est une création littéraire, théâtrale, musicale et chorégraphique, fruit d’une rencontre entre le collectif Zavtra de Limoges, l’auteur congolais Julien Mabiala Bissila et plus tard, à Brazzaville, avec DeLaVallet Bidiefono et ses danseurs. Naît alors une amitié de travail, une envie de partager le plateau avec les danseurs. Le projet est devenu autre, traversé par les fulgurances brazzavilloises." 

" Ils sont beaux les acteurs de Zavtra entraînés dans la danse-transe des interprètes congolais qui les ont initiés à leur art, à leur puissance, et à l'Afrique. Sans doute sont-ils aussi un peu perdus dans l'univers de l'auteur et metteur en scène Julien Mabiala Bissila. Il y a de quoi.

Nul ne revient indemne d'une plongée dans les beautés, les misères et les violences de l'Afrique.

Le titre, Trans, l'annonce, il ne faut rien chercher de rationnel dans cette pièce, faite d'une succession de saynètes sans lien évident. À travers elles, l'auteur entend brosser un tableau de l'Afrique contemporaine. À l'heure où le président gabonais est en passe d'être réélu avec 300 % des voix, comme le fut au printemps celui du Congo, la dénonciation de Julien Mabiala Bissila s'impose comme un cri nécessaire. L'auteur ne dénonce pas seulement les dictatures africaines dans une scène magistrale à la fin de la pièce. Il dénonce la voracité néocolonialiste occidentale. Les saynètes sont souvent amusantes, brossant aussi des portraits de gens du peuple attachants. 

L'ensemble est écrit dans une langue fougueuse, cocasse et singulière. Mais, pas de problème : depuis Sony Labou Tansi, dont l'auteur est l'un des dignes héritiers, l'oreille s'est formée. Elle aime cette poésie « entrechoquante ».

L'engagement des interprètes est fort. La danse signée Delavallet Biediefono est belle, puissante. La musique en live est une réussite. Surgissent souvent de belles et fracassantes images où se glissent aussi, hélas, quelques clichés sur l'Afrique. Dire qu'on ne s'ennuie pas ici, serait mentir. Il manque un liant, peut-être l'émotion. Il semble qu'aucun parcours intérieur n'ait été travaillé pour les acteurs. Ils n'ont aucun récit intime à jouer. Alors ils sont condamnés à se réfugier dans l'énergie et le collectif mais cela ne suffit pas toujours pour briser le 4ème mur. Peut-être manque-t-il aussi une vision globale sur la pièce. Elle n'apparaît qu'à la fin et c'est un peu tard. "

Muriel Mingau -